Lorsque l’on ouvre les pages économiques d'un journal ou que l'on parcourt les discussions financières sur Internet, trois mots reviennent en boucle, souvent employés les uns pour les autres : « risque », « volatilité » et « liquidité ». Pour beaucoup d'épargnants, ces termes forment un ensemble un peu flou qui désigne globalement le danger de perdre de l'argent.
Pourtant, confondre ces notions est une erreur stratégique majeure. Ils qualifient des réalités techniques totalement différentes et, surtout, ils n'ont pas le même impact sur votre patrimoine selon votre situation personnelle. Pour investir avec clarté, il est indispensable de redéfinir proprement chacun de ces trois curseurs.
- La volatilité : l'agitation des prix à court terme
La volatilité est une mesure statistique de l'amplitude et de la vitesse à laquelle le prix d'un actif varie à la hausse ou à la baisse sur une période donnée. Un actif est dit "volatil" si son cours grimpe de 3 % le lundi, chute de 4 % le mardi et reprend 5 % le jeudi. Les actions ou les matières premières sont des actifs structurellement volatils.
La volatilité effraie souvent les débutants car elle donne l’impression visuelle d'une instabilité permanente (les fameuses "montagnes russes"). Pourtant, la volatilité n’est pas un risque de perte définitive, à condition que vous disposiez d'un horizon de temps long. À court terme, le prix oscille de manière imprévisible sous le coup des émotions des investisseurs et des actualités.
Mais à long terme, cette agitation se lisse et laisse place à la tendance de fond de l'économie. La volatilité est simplement le prix psychologique à payer pour obtenir un rendement supérieur à celui des livrets d'épargne.
- La liquidité : le bouton d'éjection d'urgence
La liquidité désigne la facilité, la rapidité et le coût financier avec lesquels vous pouvez convertir un investissement en argent comptant disponible sur votre compte bancaire.
Un actif très liquide se vend en quelques secondes sans décote sur son prix. C’est le cas de l’argent déposé sur votre Livret A, ou d'un ETF répliquant un grand indice mondial. Si vous avez besoin de cash immédiatement, vous cliquez sur un bouton et l'argent est là.
Un actif peu liquide (ou illiquide) demande du temps et des démarches complexes pour être converti en cash. Le meilleur exemple est l’immobilier physique. Si vous décidez aujourd'hui de vendre un appartement pour récupérer sa valeur en argent liquide, il vous faudra plusieurs mois (trouver un acheteur, négocier, passer devant le notaire).
Le manque de liquidité n'est pas un problème en soi, mais il exige que vous disposiez par ailleurs d'une épargne de précaution disponible pour ne jamais être pris à la gorge par un imprévu.
- Le risque : la perte définitive de capital
Le véritable risque en matière de finance, c’est la perte totale ou partielle de votre capital de manière irréversible. C'est le moment où la perte théorique sur un écran devient une réalité définitive dans votre vie.
Ce risque se matérialise principalement dans deux situations :
La faillite de l'actif : Vous avez acheté les actions d'une entreprise qui dépose le bilan. La valeur tombe à zéro, l'argent est définitivement perdu.
La vente forcée au mauvais moment : C'est le point de rencontre dramatique entre un problème de liquidité ou de gestion du temps et la volatilité. Si les marchés actions traversent une crise (-25 %) et que vous êtes contraint de vendre vos parts à ce moment précis parce que vous n'avez pas d'autre source d'argent pour financer une urgence, vous transformez une baisse temporaire en une perte définitive.
Comment combiner ces trois curseurs ?
Toute la subtilité de la gestion de patrimoine consiste à jouer avec ces trois variables selon vos objectifs personnels.
L’immobilier physique affiche une volatilité très faible (les prix des appartements ne changent pas toutes les secondes sur un écran, ce qui est rassurant pour l'esprit), mais sa liquidité est mauvaise. Les actions offrent une liquidité parfaite et un rendement à long terme élevé, mais au prix d'une forte volatilité à court terme.
Avant de choisir un placement, ne vous demandez pas simplement s'il est "risqué", demandez-vous si sa volatilité est compatible avec vos nerfs, et si sa liquidité est adaptée à votre calendrier de vie.